CRIAVS-CENTRE
Centre Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles

jeudi, 19 avril 2018 09:27

Références biblio mars 2018

ARTICLES FRANCOPHONES

 

 

AUTEURS DE VIOLENCES SEXUELLES

Un repérage des agresseurs sexuels potentiels est-il possible par les médecins généralistes ?

Décembre 2018

[Mémoire] Dr BRETON Johanne. DU « Clinique des violences sexuelles » - Université François Rabelais – Tours. 50 p.

CERCLES DE SOUTIEN ET DE RESPONSABILITE (CSR)

L’impact des cercles de soutien et de responsabilité (CSR) sur la réduction du taux de récidive des auteurs d’infractions à caractère sexuel (AICS)

Décembre 2018

[Mémoire] LAMBERT Hélène. DU « Clinique des violences sexuelles » - Université François Rabelais - Tours. 43 p.

 

 

ENTRETIEN CLINIQUE

Quelle place pour l’entretien infirmier ? (dossier)

Santé mentale, 218 mai 2017, pp. 21-68

Recevoir quelqu’un en entretien infirmier, c’est lui proposer un espace pour une possible rencontre et lui permettre de construire un savoir sur ce qui lui arrive. Pour s’y engager, le soignant doit s’appuyer sur un cadre théorique précis et être soutenu par le collectif et l’institution. Dans un contexte hospitalier tendu, les freins à cette pratique sont aujourd’hui nombreux. Comment les soignants peuvent-ils investir cet espace vital pour « savoir y faire avec la folie » ? Repères théoriques et pratiques actuelles.

-       L’entretien infirmier « empêché », Dominique Friard

-       Pratiquer l’entretien clinique infirmier, Dominique Friard

-       L’entretien infirmier de première intention en CMP, Romaric Chatry Garcia, Jean-Paul Lanquetin

-       L’entretien infirmier comme un voyage…, Christophe Malinowski

-       Supervision et entretiens infirmiers, Bruno Miani

-       Les quatre temps de l’entretien psy, Bernard Odier

-       Pour une culture de l’entretien infirmier ! Madeleine, Jimena Esther

-       Ce qui est clinique dans un entretien …, Isabelle Bezard-Fragiacomo

 

HARCELEMENT

COSSERON Florent. Adolescence. Annales médico-psychologiques, In Press : Article en pré publication 22/02/2099

Les usages d’Internet sont parfois sources de fascination comme d’effroi pour certains parents. Comme nouvel espace d’expérimentation, Internet séduit, voir happe les adolescents. Ceci est d’autant plus vrai que leurs parents en ont fréquemment un usage plus restreint ou, tout au moins, moins varié. Source d’exaltations, de connaissances, de satisfactions immédiates ou plus construites, Internet et les réseaux sociaux peuvent aussi générer conflits, souffrances ou harcèlements. Qu’est-ce que le cyberharcèlement ? Comment agir dans ces situations ? Comment le prévenir ? Plus en amont, nous poserons quelques hypothèses favorisant ces usages concernant les caractéristiques du virtuel, les mouvements psychiques des adolescents. Ainsi nous rendrons les rencontres avec « ses amis » sur les réseaux moins malheureuses et plus structurantes. (Résumé d'éditeur)

 

 

SOINS AUX PATIENTS SOUS MAIN DE JUSTICE

 

Ministère de la justice, Ministère des Solidarités et de la Santé. Guide méthodologique relatif à la prise en charge sanitaire des personnes placées sous main de justice. 2017, 4ème édition, 454 p.

La 4e édition du guide relatif à la prise en charge sanitaire des personnes placées sous main de justice, élaborée conjointement par le ministère de la Justice et le ministère des Solidarités et de la Santé, a été publiée.

Afin de faciliter l’actualisation du guide méthodologique mais également de rendre le document plus didactique, son organisation a totalement été repensée, sous forme de fiches thématiques et un sommaire dynamique a été inséré en début de guide. Les annexes utiles ont par ailleurs été réintégrées dans le corps du texte afin de limiter la dispersion de l’information.

 http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_methodologique_-_prise_en_charge_sanitaire_des_personnes_placees_sous_main_de_justice.pdf

 

 

VIOLENCES SEXUELLES

 

Est-ce qu’on peut guérir l’inceste ?

Décembre 2018

[Mémoire] PELLOIN Laetitia. DU « Clinique des violences sexuelles » - Université François Rabelais - Tours. 27 p.

 

 

Les violences sexuelles à caractère incestueux sur mineur.e.s. Expertise.

CNRS. Rapport remis à L. Rossignol, ministre des familles, de l’Enfance et des Droits des femmes et T. Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. 2017, 60 p. 6 avril 2017 à Madame Laurence Rossignol,

Un rapport du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) sur les violences sexuelles à caractère incestueux a été remis à Laurence Rossignol fin avril 2017. La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes avait saisi le CNRS dans le cadre du premier Plan de lutte et de mobilisation contre les violences faites aux enfants (2017-2019), avec l’objectif d’améliorer les connaissances sur ce sujet mais aussi d’éclairer les raisons des lacunes importantes dans ce domaine, en termes de données et de réelle compréhension du phénomène . Cette expertise a été établie par un groupe interdisciplinaire composé de spécialistes de l’inceste et des violences familiales, et piloté par Sylvie Cromer, enseignante-chercheure à l’université de Lille et directrice du GIS CNRS « Institut du Genre ».

L’étude permet d’avancer de façon décisive dans la connaissance du phénomène, en ouvrant de nouvelles pistes de recherche. Le rapport dévoile 5 pistes de réflexion et d’action : poursuivre et approfondir l’expertise collective ; améliorer la connaissance via les recherches pour comprendre les violences sexuelles à caractère incestueux et les articuler aux autres violences ; sensibiliser tous les publics et prévenir ; développer les formations initiales et continues, en lien avec la recherche ; améliorer la prise en charge des victimes, des familles, des agresseurs.

 http://www.cnrs.fr/inshs/recherche/docs-actualites/violences-sexuelles.pdf

ARTICLES ANGLOPHONES

 

Bulletin documentaire du 10 au 16 février 2018 de la Fédération des Criavs

 

Neighbors of registered sex offenders: A qualitative analysis of their lived experiences

12 fév. 2018

[Article] BESHEARS Michelle L. International Journal of Law, Crime and Justice , Vol.48. March 2017. pp. 40-49

 

Out of place: Sexualities, sexual violence, and heteronormativity

12 fév. 2018

[Article] JAVAID Aliraza. Aggression and Violent Behavior , In Press : Articles en pré-publication ; seront publiés prochainement dans un numéro. 01/01/2099

 

Distorted cognition related to male sexual offending: The multi-mechanism theory of cognitive distortions (MMT-CD)

12 fév. 2018

[Article] SZUMSKI Filip ; BARTELS Ross M ; BEECH Anthony R. ; et al. Aggression and Violent Behavior , In Press : Articles en pré-publication ; seront publiés prochainement dans un numéro. 01/01/2099

 

Associations Between Substance Use in Commission of Sexual Crimes and Offense Characteristics Among Youth: Mitigating Effects of Substance Use Treatment

12 fév. 2018

[Article] YODER Jamie R ; CASERTA Deborah A. International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology , Vol.62 - N°3. February 2018. pp. 655-675

 

Bulletin documentaire du 17 au 23 février 2018 de la Fédération des Criavs

 

Do Low-risk Sexual Offenders Need Treatment?

21 fév. 2018

[Article] WAKELING Helen C. ; MANN Ruth E. ; CARTER Adam J. The Howard Journal of Crime and Justice , Vol.51 - N°3. July 2012. pp. 286-299

Ageing Child Sex Offenders in Prison: Denial, Manipulation and Community

21 fév. 2018

[Article] MANN Natalie. The Howard Journal of Crime and Justice , Vol.51 - N°4. September 2012. pp. 345-358

Online Child Sex Offenders: Challenges and Counter-Measures

21 fév. 2018

[Article] COHEN-ALMAGOR Raphael. The Howard Journal of Crime and Justice , Vol.52 - N°2. May 2013. pp. 190-215

Children Convicted of Sexual Offences: Do Lifelong Labels Really Help?

21 fév. 2018

[Article] JANES Laura. The Howard Journal of Crime and Justice , Vol.50 - N°2. May 2011. pp. 137-152

Why Do Soldiers Rape? Masculinity, Violence, and Sexuality in the Armed Forces in the Congo (DRC)

21 fév. 2018

[Article] ERIKSSON BAAZ Maria ; STERN Maria. International Studies Quarterly , Vol.53 - N°2. June 2009. pp. 495-518

 

Voici un lien vers un clip sure le harcèlement de rue

« LA TAILLE DE SA JUPE »    de MANON TANGUY / Réal Gabrielle Vigneault-Gendron

 https://www.youtube.com/watch?v=9eEtTC2bKew&t=2s

 

Contact :

Facebook :  https://www.facebook.com/ManonTanguy4/
Contact promo : Le comptoir musical Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Publié dans Vidéos

Soirée "Représentations et réalités autour du harcèlement"
After the end, d'après Dennis Kelly par Acted

Article extrait du site de l'université de Tours:

http://www.univ-tours.fr/culture/soiree-representations-et-realites-autour-du-harcelement-br-after-the-end-d-apres-dennis-kelly-par-acted--542332.kjsp?RH=1179210887117

 

le 8 novembre 2016
20h30 - Entrée libre - Réservation : www.ticketfac.univ-tours.fr - Thélème

Soirée en deux parties: lecture théâtrale de la pièce de Dennis Kelly suivie d'un débat avec des professionnels du SSU, du Criavs et les comédiens. Entrée libre pour tous.

 

"After the end", d'après Dennis Kelly:

« La seule manière pour les gens de te détruire, c’est de les laisser te transformer en quelqu’un d’autre. »

Ils étaient tous au pub quand l’explosion eut lieu. Louise se réveille enfermée dans l’abri anti-atomique de Mark, qui a sauvé sa vie. Mark est toujours préparé au pire et pense avoir tout ce qu’il faut pour leur survie : conserves de chili, Donjons et Dragons et un couteau. Maintenant, tout ce qu’il leur reste à faire, c’est attendre. Attendre de pouvoir sortir en toute sécurité.
Peuvent-ils survivre à l’attaque ? Peuvent-ils survivre à l’autre ?

La pièce sera suivie d’un débat entre le public, les comédiens d’Acted et les professionnels du SSU (Service de Santé Universitaire) et du CRIAVS (Centre de Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles).

ACTED permet de promouvoir les projets réalisés par les élèves et les anciens élèves de la section Art Dramatique du Conservatoire à Rayonnement Régional de Tours Francis Poulenc.

vendredi, 16 octobre 2015 07:52

Bibliographie thématique: Le harcèlement

Vous trouverez ici une sélection bibliographique sur le thème du harcèlement proposée par le CRIAVS Cente Val de Loire inspirée de la newsletter du Criavs LR que vous trouverez en PJ.

lundi, 31 mars 2014 20:52

Harcèlement

Publication d'une circulaire pour la lutte contre le harcèlement sexuel dans les 3 fonctions publiques

PARIS, 28 mars 2014 dépèche APM 

Une circulaire sur la lutte contre le harcèlement sexuel et moral dans les trois fonctions publiques a été publiée jeudi sur le site circulaire.legifrance.gouv.fr.

Emanant du ministère de la réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, cette circulaire, datée du 4 mars, précise les nouvelles dispositions relatives aux délits de harcèlement sexuel et moral prévues par la loi n°2012-954 du 6 août 2012 et décrit leur impact dans les trois versants de la fonction publique.

"Outre l'appréhension du harcèlement sexuel et moral par le statut général sous l'angle du triptyque prohibition/protection/répression, la circulaire rappelle que les situations de souffrance liées à ces agissements au sein de l'administration rendent impérieuses, en amont, la mise en oeuvre de mesures préventives", soulignent les auteurs en introduction de la circulaire d'une vingtaine de pages.

Ils indiquent ainsi que "la première des préventions repose sur le devoir, pour l'autorité hiérarchique, de faire cesser l'existence de troubles dans le service".

Ils rappellent que les comportements de harcèlement sont contraires à la déontologie des agents publics et des valeurs de la fonction publique.

Ils insistent également sur le fait que la prévention du harcèlement "doit être articulée avec la démarche globale de prévention de l'ensemble des risques auxquels sont exposés les agents", en particulier dans le domaine de l'hygiène, de la sécurité et des conditions de travail.

Les auteurs précisent par ailleurs la procédure d'alerte et le droit de retrait en cas de harcèlement sexuel ou moral.

Ils soulignent aussi "l'importance stratégique" revêtue par la formation initiale comme la formation continue en matière de prévention du harcèlement sexuel ou moral.

Circulaire n°SE1 2014-1 du 4 mars 2014 relative à la lutte contre le harcèlement dans la fonction publique (Cliquez le titre pour accéder)

san/eh/APM polsan

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

SNRCR005 28/03/2014 09:59 ACTU

©1989-2014 APM International.

 

Sur le thème du harcèlement voir aussi:

Publié dans Textes de loi
jeudi, 17 octobre 2013 20:20

Sur le harcèlement

Voici 2 articles signés Le Monde et un texte de M. Huyette (en lien) sur l'évolution de la qualification pénale de l'inceste.

A la fac, briser l'impunité du harcèlement sexuel

LE MONDE | 12.10.2013 à 10h08 • Mis à jour le 13.10.2013 à 12h21 | Par Nathalie Brafman

Appelons-la Juliette. Cette jeune femme est l'une des rares à avoir accepté de témoigner et il fallait respecter plusieurs conditions : bien sûr ne pas mentionner son nom, ni même son prénom, ne pas faire état de ses études, ni de l'université où elle les a menées.

"Lorsque j'ai passé mon master, mes relations avec mon directeur de mémoire se sont progressivement dégradées. Au début, elles étaient plutôt cordiales, même sympathiques. Et puis au fil des mois, il s'est mis à me poser des questions intimes, me disait que je serais plus jolie si je mettais des décolletés. Il me faisait la bise et une fois s'est approché trop près de mes lèvres, se souvient-elle. J'en ai parlé à mes parents et j'ai envoyé des signaux extrêmement fermes, quitte à avoir de mauvaises appréciations." Ce professeur était réputé pour ces agissements. L'administration a fermé les yeux.

Quand on évoque le harcèlement sexuel dans l'enseignement supérieur, on se heurte à deux obstacles. D'abord le tabou, ensuite l'impunité, accrue par des procédures d'instruction, de jugement et de sanction propres à l'enseignement supérieur qui compliquent la reconnaissance des faits et la condamnation des auteurs. Le Centre d'enseignement, de documentation et de recherche pour les études féministes (Cedref) organisait, le 11 octobre, une journée d'étude sur le sujet à l'université Paris-Diderot.

Le rapport spécifique qui se noue entre enseignants et étudiants distingue les cas de harcèlement à l'université de ceux qui peuvent survenir dans des entreprises ou des administrations. "Il y a une relation caractéristique entre un mandarin, dont la position est incontestable et incontestée dans son université, et une doctorante ou une élève en master, faite de complicité et de séduction intellectuelle", dit-on au ministère de l'enseignement supérieur.

"DUO À RISQUE"

A cette proximité intellectuelle, s'ajoutent des rencontres dans des cafés pour parler de l'avancée des travaux de recherche, faute d'espaces personnels dans les universités. Pour certains professeurs, il faudrait peut-être interdire cette pratique. D'autres balaient cette considération d'un revers de main, estimant que la vraie question est : existe-t-il ou non une ambiguïté dans la relation ?

Vincent Berger, président de l'université Paris-Diderot, est radical : "Le duo étudiant-professeur est un duo à risque. A l'intimité intellectuelle s'ajoutent les conditions psychiques d'une emprise intellectuelle du professeur, qui est le sachant, ce qui le met en position d'hégémonie intellectuelle." Le doctorant dépend entièrement de son directeur de thèse pour obtenir une bourse, un poste d'attaché d'enseignement, "et cette dépendance peut durer très longtemps".

Le harcèlement sexuel dans l'enseignement supérieur est un phénomène connu ; les établissements semblent pourtant l'ignorer, au prétexte du postulat, communément admis, que ce genre de pratiques ne peut pas exister. D'un côté, personne ne peut imaginer qu'un enseignant chargé de transmettre les savoirs, reconnu par ses pairs, puisse se livrer à des comportements répréhensibles. De l'autre, comment des femmes (principales victimes de ces agissements) engagées dans des études supérieures, au fait de leurs droits, peuvent-elles se laisser faire ?

Le sujet a émergé en 2002 avec la création par de jeunes doctorantes du Clasches – Collectif de lutte antisexiste contre le harcèlement sexuel dans l'enseignement supérieur. Dix ans plus tard, en novembre 2012, une circulaire du ministère appelle l'attention des responsables d'établissements sur les mesures de prévention et les dispositions à mettre en œuvre lorsqu'ils ont connaissance de faits relevant du harcèlement sexuel. Peu d'universités ont pris des initiatives.

"INJONCTIONS À ÊTRE SEXY"

Or les faits sont là. "Violences verbales, commentaires sur la vie privée, remarques sur le corps, injonctions à être sexy (...), propositions sexuelles voilées ou explicites", résume l'Association nationale des études féministes (ANEF) dans un Livre blanc, Le Genre dans l'enseignement supérieur et la recherche (éditions La Dispute, à paraître).

Mais en l'absence d'enquêtes quantitatives, difficile d'appréhender l'ampleur du phénomène. "Il n'y a pas de décomptes des plaintes déposées auprès des présidents d'université, pas de décomptes non plus des procédures lancées et encore moins des sanctions", indique Christelle Hamel, chargée de recherche à l'Institut national des études démographiques dans l'unité sur le genre.

"Par peur des représailles – risque de non-publication d'une thèse, menace de ralentissement de la carrière professionnelle, lenteur pour faire une demande de renouvellement de visa pour les étudiantes étrangères –, une sorte d'omerta s'installe au profit des harceleurs", selon Clara, membre du Clasches.

Le risque est d'autant plus grand pour les victimes que les procédures internes à l'université restent inéquitables. Il est impossible pour la victime de saisir directement la section disciplinaire universitaire. "Sa requête doit être déposée auprès du président qui lui seul peut décider de la convocation de la section disciplinaire. Il y a là un filtre dans la réception des plaintes que les salariés du privé n'ont pas à affronter", s'indigne Sylvie Cromer, sociologue à l'université de Lille-II et présidente de l'ANEF.

LE HARCELEUR PRÉSUMÉ JUGÉ PAR SES PAIRS

Autre incongruité : le harceleur présumé n'est jugé que par ses pairs, ses collègues de travail. Dans ce petit monde où tous se connaissent, difficile de garantir la neutralité et l'impartialité. Plus grave, l'instruction et le jugement ne sont pas dissociés. "Ceux qui instruisent le dossier, qui procèdent à l'enquête, sont aussi ceux qui jugent", poursuit Sylvie Cromer.

Enfin, en cas de sanction, seul le mis en cause peut faire appel de la décision auprès du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser). La victime n'en a pas la possibilité. Et cette instance ne peut pas décider d'une sanction plus élevée que celle déjà prononcée.

Un début de réforme se profile. Lors du vote au Sénat de la loi "Egalité femmes-hommes", un amendement porté par Françoise Laborde (PRG, Haute-Garonne) a été adopté. Il prévoit qu'en cas de suspicion légitime sur l'impartialité de la section disciplinaire, la victime puisse demander le dépaysement de l'affaire dans un autre établissement. Le décret d'application pour définir une méthode simple de cette nouvelle procédure est en cours d'écriture au ministère de l'enseignement supérieur.

 

 

 

"Il faut du courage pour faire remonter les faits de harcèlement sexuel à l'université"

 

LE MONDE | 12.10.2013 à 09h47 • Mis à jour le 12.10.2013 à 11h29 | Propos recueillis par Nathalie Brafman

 

En 2008, l'université Lille-III s'est dotée d'une cellule de veille et d'information sur le harcèlement sexuel (Cevihs). Une première et une initiative encore unique en France. Nathalie Coulon, maître de conférences en psychologie, en est la coordonnatrice.

 

Pourquoi avoir créé une telle cellule au sein de l'université ?

 

En fait, le déclic a été la création de Clasches, le Collectif de lutte antisexiste contre le harcèlement sexuel dans l'enseignement supérieur, en 2002. Une cellule de réflexion réunissant une vingtaine de personnes volontaires représentant la diversité statutaire, disciplinaire, sexuée de l'université a été mise en place.

 

Nous sommes arrivés à la conclusion, grâce à la volonté politique et au soutien très fort du président de Lille-III de l'époque, que la meilleure solution était de créer une cellule à part entière, qui soit dotée d'un vrai budget de fonctionnement.

 

Aujourd'hui, Lille-III est la seule université en France à avoir une telle structure. C'est un geste fort qui prouve que toute la communauté dans sa globalité s'est emparée de cette question.

 

Vous faites donc partie intégrante de l'université ?

 

Absolument. Notre présence s'est institutionnalisée. Dès la rentrée universitaire 2007, nous avons communiqué sur le harcèlement sexuel par l'affichage d'une note dans les UFR . Depuis, cette note apparaît systématiquement dans tous les guides des études. Et nous avons une présentation du dispositif sur le site Internet de l'université.

 

Cette cellule fonctionne avec onze membres (sept femmes et quatre hommes) issus des principaux services, dont la direction des ressources humaines, le bureau des affaires juridiques, le centre de santé des étudiants, de statuts différents – personnel administratif, enseignant-chercheur –, de disciplines variées et de différents sites de Lille-III.

 

Lorsque les victimes viennent vous voir, quel est leur premier souhait ?

 

Avant même d'entamer des démarches, ce qu'elles veulent, c'est que ce harcèlement cesse. Lors d'un premier entretien, nous faisons en sorte que la victime expose la situation. Surtout, nous lui assurons une totale confidentialité. Lors d'un deuxième entretien, nous l'aidons, si elle le souhaite, à formaliser par écrit ce qui s'est passé et à rassembler des éléments pour établir les faits.

 

Ce n'est pas simple, cela demande du temps. Il faut beaucoup de courage pour faire remonter ces agissements. Car, souvent, c'est la parole de l'excellent professeur face à la parole de l'étudiant ou de l'étudiante. Bien sûr, pendant cette période, nous proposons toujours un accompagnement, psychologique, pratique...

 

Si la victime le demande, la cellule de veille rencontre la personne mise en cause. Mais, évidemment, rien ne l'oblige à accepter, nous ne sommes pas une instance disciplinaire.

 

Cinq ans après sa création, combien de cas ont été recensés ?

 

Il nous a fallu quelques années pour être connus et sollicités. Depuis la mise en place officielle, en 2008, le nombre de recours a augmenté pour atteindre son maximum annuel en 2010 (13 recours). Même si je suis sûre que bien des étudiants hésitent à venir nous voir.

 

Fin 2012, nous avions enregistré au total 47 recours, dont 22 concernaient réellement des faits de harcèlement sexuel. Ces situations ont été vécues en majorité par des femmes. Deux hommes en ont été victimes. Un autre homme s'est plaint, lui, d'être accusé à tort.

 

Évolution de la qualification pénale de harcèlement

un article de M. Huyette paru au moment de sa suppression

 

Publié dans Pages d'actualité