CRIAVS-CENTRE
Centre Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles

vendredi, 19 février 2016 15:15

Références bibliographiques Février 2016

Février 2016

CENTRE DE DOCUMENTATION

Les références bibliographiques ci-dessous sont consultables au Centre de documentation du Criavs Centre-Val de Loire et peuvent vous être adressées sur demande ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. , Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ) – 02 18 37 05 98

 

Certaines références sont également parues dans le bulletin hebdomadaire de février 2016 de la FFCRIAVS

 

 AJ PENAL – ACTUALITE JURIDIQUE PENAL

 

AJP02 16

 

Récidive : Trois ans après la conférence, pourquoi il n’y a toujours pas de consensus

 RAOULT Sacha. AJ Pénal, janvier, 2016/1, pp. 25-28

 

Des résistances s’élèvent toujours contre la « modernisation » des méthodes d’évaluation du risque de récidive en France. Ces résistances ne sont pas typiquement françaises, elles reflètent également une tension interne au débat scientifique anglophone. Derrière les aspects techniques, c’est une question fondamentale qui pose problème à de nombreux chercheurs. (Résumé d’auteur)

 

 

BULLETIN DE PSYCHOLOGIE

 

BP2015 5

L’élaboration d’un collectif de travail : un défi pour des professionnels confrontés aux enfants mineurs auteurs d’abus sexuels

 

MINARY, Jean-Pierre, ANSEL, Dominique, BOURG, Christian, et al. Bulletin de psychologie, n° 539, Tome 68, 2015/5, pp. 391-402

Les auteurs cherchent à mettre au jour les phases par lesquelles s’est constitué un collectif de travail réunissant des professionnels situés à des places différentes (service de pédo-psychiatrie, protection judiciaire de la jeunesse, magistrature), dans l’accompagnement des jeunes auteurs de violences sexuelles. Au départ, la coordination des activités entre magistrats, éducateurs justice et soignants, éducateurs justice et magistrats s’effectuait avec prudence, voire avec réticence et méfiance. Sont précisées la dynamique de construction du partenariat, les principales difficultés rencontrées, ainsi que les ressources et voies de dégagement mises progressivement en œuvre. (Résumé d’auteur)

 

JOURNAL DES PSYCHOLOGUES

JDP01 16

 

Le psychologue en unité hospitalière sécurisée interrégionale

ABDELKADER MARIE- Laure. Le journal des psychologues, n° 334, 2016/2, pp. 24-27

La posture du psychologue en unité de soins somatiques pour personnes détenues n’est pas toujours facile à trouver et à tenir, et ce, autant face à des équipes qui envisagent parfois le patient avant tout comme un détenu, que face à des patients spécifiques qui confrontent à une clinique de l’agir. Le psychologue peut alors être le seul garant de l’humanité du sujet. (Résumé d’auteur)

 

Existe-t-il une spécificité de la clinique en milieu carcéral ?

CHAUFER, Adeline. Le journal des psychologues, n° 334, 2016/2, pp. 28-31

Face à des personnes incarcérées présumées coupables ou condamnées pour des infractions à caractère sexuel qui peuvent nier les faits qui leur sont reprochés et adressent rarement de demandes de soins, les cliniciens ont à repenser leur pratique et les modalités de prise en charge classiques. Ces dispositifs de suivi singuliers en smpr sont une piste possible. Et la présentation du cas clinique de M. L., incarcéré pour des faits d’agression sexuelle sur sa fille, vient témoigner de ce travail de prise en charge spécifique au long cours, groupal et individuel, qui permet une mise en mouvement de la vie psychique et un cheminement autour des faits. (Résumé d’auteur)

 

De « J’ai trompé ma femme ! » à « J’ai violé ma fille... »

CHAUFER, Adeline. Le journal des psychologues, n° 334, 2016/2, pp. 32-37

M. L. est incarcéré le 1er décembre 2010 à l’issue de 48 heures de garde à vue. Il est mis en examen pour agression sexuelle et viol sur mineure de quinze ans par ascendant, en l’occurrence sa fille que nous appellerons Clara. Sous le choc de la révélation des faits et de l’incarcération, M. L. est décrit par les agents pénitentiaires comme « suicidaire » et reçu en urgence le lendemain par une infirmière. (Résumé d’auteur)

 

La prise en charge thérapeutique en centre pénitentiaire

GERMANI, Stéphanie. Le journal des psychologues, n° 334, 2016/2, pp. 38-41

Le milieu carcéral est un espace empreint de violence où l’agir remplace le discours. Cette ambiance induit un type de relations particulier entre patient et soignant. L’objectif de ce dernier est de permettre la mise en mots des éprouvés du patient, de faciliter l’élaboration de ses expériences, cet engagement s’accompagnant nécessairement d’un aménagement du cadre thérapeutique. (Résumé d’auteur)

 

 

REVUE SEXOLOGIES

 

 Sexologies24 4Sexualité et perturbation de la relation à l'autre : différenciation et complémentarité de soi

POTARD Catherine. Sexologies Vol. 24 - N° 4, octobre 2015, pp. 183-186

La sexualité n’est pas réductible à une somme de comportements et de savoirs, la relation à l’autre joue un rôle décisif dans la détermination des pratiques sexuelles. Il s’agit d’aborder l’accession à la sexualité génitale comme découlant d’une unification des fonctions de sexualité et d’intimité. Un des buts de ces fonctions est d’accepter les enjeux de la différence et de la complémentarité avec soi. Dans ce cadre, la sexualité peut convoquer les formes les plus archaïques d’angoisses (incorporation, intrusion, dévoration par l’autre…). Instrumentalisation du courant sensuel ou idéalisation du courant tendre sont alors les principales difficultés psychoaffectives rencontrées. (Résumé d’auteur)

 

Travaux de Recherche:

 Pornographie, comportements sexuels et conduites à risque en milieu universitaire

BULOT C, LEURENT B., COLLIER F. Sexologies Vol. 24 - N° 4, octobre 2015, pp. 187-193

L’industrie pornographique est omniprésente chez les adolescents qui sont pratiquement tous exposés via Internet, volontairement ou non, et à un âge plus ou moins précoce. Existe-t-il un lien entre l’exposition à la pornographie et certaines conduites à risque ?

Huit cent douze étudiants lillois ont répondu anonymement à un questionnaire proposé à l’occasion d’une consultation en centre de santé. L’analyse statistique a été menée à l’aide de régressions logistiques et linéaires.

L’exposition à la pornographie concerne pratiquement tous les hommes et 80 % des femmes. L’âge moyen de la première exposition est de 15,2 ans. La précocité d’exposition est liée à une activité sexuelle plus précoce, à une recherche de partenaires occasionnel(le)s plus fréquente et à une consommation de cannabis plus fréquente. L’âge d’exposition ne semble pas en revanche influencer le nombre de partenaires sexuel(le)s, le fait de pratiquer la pénétration anale, la consommation d’alcool ou de tabac, l’utilisation de contraceptifs et la prise de risque vis-à-vis des infections sexuellement transmissibles. Le fait de regarder fréquemment des images pornographiques est lié à une activité sexuelle plus précoce, à un plus grand nombre de partenaires sexuel(le)s, au fait de rechercher des partenaires occasionnel(le)s, à une pratique de la pénétration anale, à une moindre prévention des infections sexuellement transmissibles et des grossesses non désirées et enfin à une augmentation des consommations d’alcool et de cannabis. En conclusion, ces résultats doivent interpeller et amener tous les acteurs de santé sexuelle et d’éducation à la sexualité à renforcer l’information donnée aux adolescents. (Résumé d’auteur)

 

Motivations sexuelles et attachement : étude exploratoire dans une population de 143 étudiantes francophones

GOUVERNET B., COMBALUZIER S., CHAPILLON P., REZRAZI A. Sexologies Vol. 24 - N° 4, octobre 2015, pp. 194-201

L’objet de cet article est d’étudier les relations entre attachement et motivations sexuelles dans un échantillon d’étudiantes issues d’une université française.

Cent quarante-trois jeunes femmes (âge moyen : 20,3ans) ont participé à une recherche en ligne sur la sexualité.

Un inventaire visant à recenser les motivations sexuelles, inspiré par l’inventaire YSEX de Meston et Buss, a été proposé aux sujets. Ceux-ci ont également complété le questionnaire des styles d’attachement (ASQ).

Dans cet échantillon d’étudiantes issues d’une université française, nous trouvons qu’une pluralité de motivations peut conduire à la sexualité (nombre moyen de motivations différentes ayant conduit à la sexualité : 9,2/13, médiane=9). La variabilité de ces motivations peut être comprise partant de l’analyse des profils d’attachement : les analyses catégorielles conduisent à l’identification de 4 groupes de sujets sur la base de leurs profils d’attachement. Ces 4 groupes se distinguent par leurs profils de motivations à la sexualité : si les sécures témoignent d’une sexualité orientée de manière privilégiée vers le partenaire amoureux, cette orientation devient plus exclusive pour les anxieux. L’évitement conduit à une sexualité où l’autre est moins envisagé comme partenaire amoureux que comme objet fonctionnel offrant une plus-value personnelle. Lorsque anxiété et évitement se combinent, comme chez les craintifs, c’est l’ensemble de la vie sexuelle qui semble restreinte.

Une pleine compréhension de la sexualité implique une prise en compte de la variabilité des motivations qui y conduisent. Rendre compte de cette variabilité nécessite de rendre compte de l’histoire développementale telle qu’elle s’inscrit dans le psychisme de chacun. (Résumé auteur)

Avril 2015

CENTRE DE DOCUMENTATION

DEFORGES, Régine. Toutes les femmes s'appellent Marie. Paris : Hugo & Cie, 2012. –124 p.desforges

Marie est jeune, belle et veuve. Elle aime plus que tout son fils handicapé mental, Emmanuel, qui ne peut littéralement pas se détacher de cette mère tant aimée. À l'adolescence, le trop-plein d'amour d'Emmanuel transforme radicalement la relation entre la mère et le fils. Radicalement et dangereusement, selon la morale établie. Un texte entêtant qui pose la question dérangeante mais nécessaire de la sexualité des handicapés : comment appréhende-t-on les besoins physiques et affectifs des personnes dont la différence ne permet que rarement une sexualité dite "normale" ? Toutes les femmes s'appellent Marie est un roman d'engagement, dans la lignée des combats que Régine Deforges mène pour le droit des femmes et la liberté d'expression. [Résumé d'éditeur]

 

 

JEAMMET, Jacques. Pour nos ados, soyons adultes. Paris : Odile Jacob, 2010. 314 p. jeammet

 

C’est toujours un peu soi-même qu’on aime dans son Enfant et ce sont souvent ses propres besoins affectifs qu’on Cherche à combler par cet amour. À l’adolescence, plus que jamais, cet amour doit être tempéré par la compréhension des vrais besoins de son enfant pour se développer et épanouir ses potentialités.

 

Pour vivre, les adolescents ont besoin que les adultes sachent tenir leur place et imposer, comme nécessaires et naturels, leur soutien, leur  accompagnement, leur autorité.

 

Plus que tout, ils ont besoin que ces mêmes adultes témoignent, par leur existence, de l’intérêt que la vie a en elle-même, indépendamment des échecs, des souffrances, des déceptions inévitables. Philippe JEAMMET, l’un des plus grands spécialistes français de l’adolescence, nous livre ici un témoignage unique pour les adolescents, les parents, pour nous tous. [Résumé d'éditeur]

 

 

HARRAULT, Alain, SAVINAUD, Claude. Les violences sexuelles d’adolescents. Faits de société ou histoire de famille ? Toulouse : Erès, 2015. 296 ppapys

Dans les médias ainsi que dans les consultations, les adolescents auteurs de violence sexuelle sont de plus en plus nombreux. Ils viennent interroger les soignants dans leur clinique et leur pratique, à l'instar de la société qui a bien du mal à contenir l’émotion suscitée et à réagir au mieux en évitant la banalisation ou la précipitation. À l’initiative du Centre ressource pour les intervenants auprès des auteurs de violence sexuelle (CRIAVS), cet ouvrage réunit des professionnels et des chercheurs venus d’horizons différents. Ils y abordent la problématique des adolescents  abuseurs sexuels sous un angle à la fois anthropologique, historique, clinique, juridique, et ouvrent des perspectives soignantes sans simplification ni dogmatisme. [Résumé d’éditeur]

« Cet ouvrage tente de penser cette violence impensable pour leurs agresseurs et propose des pistes de réflexion concernant leur prise en charge dans l'espoir de les mettre sur le chemin de leur humanisation. Donner sens à ces conduites horribles pour que la sexualité ne soit pas une arme utilisée contre l'angoisse mais au contraire comme une forme de lien à l'autre et comme une des voies – pleine de plaisir dans la rencontre avec l’autre reconnu dans son altérité – de la subjectivation. » François Marty.

 

GIAMI, Alain. Des sexualités et des handicaps. Questions d’intimités. Nancy : PUN, 2013. 489 p. giami

Le 4 septembre 2012, le premier ministre Jean-Marc AYRAULT adressait à ses ministres une circulaire recommandant « la prise en compte du handicap dans l'ensemble des politiques publiques ». Si la considération des personnes en situation de Handicap tend à devenir un impératif sociétal majeur, les aspects touchant à leur qualité de vie commencent seulement à être abordés. Ceci est particulièrement le cas lorsqu'il est question de sexualité, et plus largement d’intimité, thèmes qui cristallisent les difficultés des personnes elles-mêmes et de tous ceux qui les entourent : famille, amis, accompagnants, professionnels.

Cet ouvrage propose de recenser et d’explorer différentes questions qui traversent actuellement le champ dit du handicap, en rassemblant diverses contributions émanant de spécialistes des disciplines concernées (psychologues, sociologues, juristes, médecins,…) et des usagers : Y-a-t-il un droit à la sexualité ? Comment gérer les relations et notamment la mixité en institution ? L’assistance sexuelle est-elle possible et pour qui ?...Le sujet est vaste et les questions nombreuses.

 

 

BRIE, Guillaume. Des pédophiles derrière les barreaux. Comment traiter un crime absolu ? Paris : L’Harmattan, 2014. 243 p. Brie

Les violences sexuelles perpétrées sur les enfants conduisent de plus en plus d’hommes en prison et ils y restent de plus en plus longtemps. Les interventions institutionnelles soulignent l’indignité qui frappe ces condamnés. À partir d’un travail d’enquête par entretiens approfondis et par observations, Guillaume Brie analyse comment s’organise la société contemporaine par rapport à ce type de comportement. Il a travaillé à la fois auprès des détenus condamnés pour ces faits et auprès des agents de détention (psychologues, psychiatres, conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, surveillants, magistrats). L’analyse des discours recueillis lui permet d’identifier les processus qui co-construisent une pluralité des points de vue et de comprendre comment les rapports de force se dessinent autour de la question des comportements de violence sexuelle envers les enfants. Les résultats font apparaître une lutte des représentations autour de la figure du « pédophile ». Dans certains contextes, on voit ainsi des travailleurs sociaux imiter le discours des psychothérapeutes, ceux qui soignent juger et ceux qui ont charge de punir faire preuve d’empathie. Du côté des condamnés, on note que les mieux dotés en capitaux légitimes (notamment les plus diplômés) sont souvent considérés comme des « manipulateurs » qui compliquent la prise en charge médico- sociale, notamment en contestant le codage judiciaire des actes commis. [Résumé d'éditeur]

 

 

 

 

mercredi, 31 décembre 2014 10:28

Sexualité et handicap mental: levons les tabous

Article en PJ écrit par Béatrice Courtois publié par le magazine du CGOS et diffusé avec leur aimable autorisation.

"Pour libérer la parole des patients sur un sujet souvent tabou, l'établissement public de santé Alsace-Nord (EPSAN) a mis en place un "théâtre-forum" sur la vie amoureuse et la sexualité des personnes atteitnes de maladies mentales.

Source : C.G.O.S Magazine n°95, 3e trimestre 2014, Béatrice Courtois 

Publié dans Pages d'actualité
lundi, 23 mars 2015 00:00

Conférence en vidéo: J-C. Chanseau

L'effroi sans le sexe

 

Cette conférence s'est tenue le 23 Janvier 2015 aux Halles de Tours salle 121 de 14h à 16h.

La vidéo est diffusée avec l'aimable autorisation de l'auteur dont les propos constituent la propriété intellectuelle

Le Dr J-C Chansseau est ancien chef de service des hôpitaux, Psychiatre, psychanalyste,  et expert près la cour de cassation.

 

Le titre de ce propos est choisi en référence à la réflexion érudite de Pascal Quignard dans son ouvrage "le sexe et l'effroi".

Nous analyserons la situation d'interdit sexuel de fait infligé aux personnes handicapées.

Nous tenterons de préciser des conséquences spécifiques et méconnues de cet état de fait sur le fonctionnement des institutions accueillant ces persones handicapées.

Notre analyse, enrichie par les pertinents travaux de Maryline Barillet-Lepley, en particulier dans son ouvage "sexualité et handicap. Le paradoxe des modèles", affrontera trois défis face à la violence spécifique subie par les personnes handicapées dans la reconnaissance et le respect de leur sexualité.

  Défi 1 : Parvenir à penser l'antinomie de fait qui régit, par une violence spécifique, la sexualité des personnes handicapées.

  Défi 2 : Parvenir à discerner le paradoxe auquel est confronté l'éducateur en "mission impossible" de soutenir l'épanouissement du sujet handicapé face au déni du droit à la sexualité de ces personnes.

  Défi 3 :  Parvenir à spécifier et à dépasser les impasses qui figent l'espace institutionnel où s'affrontent le projet en risque d' "idéalité" de l'éducateur et son incontournable assignation au strict respect de l'éthique de responsabilité qui impose la pesanteur de la réalité du champs social.

Nous conduirons une réflexion sur l'effroi, non exprimable mais lourdement ressenti, des professionnels de l'éducaiton devant cette impossible élaboration du sexuel, sexuel assigné à ne pas faire lien possible, à susciter un sentiment de vide qui n'est pas le rien (rien entendu en référence aux données de la physique contemporaine qui établit que le "vide" est rempli de "corps", inactifs, imperceptibles et habituellement indétectables qu'une "excitation" adéquate peut "révéler", "animer" et rendre ainsi détectables).

L'éducateur est exposé soit à un sentiment d'inutilité soit à celui d'être assigné à une mission de censure pour masquer ce sexe qui menace celui qui le regarde, comme la Gorgone fige et pétrifie celui qui la regarde.

L'interdit de penser cette sexualité aux effets sidérants a effectivement sidéré la recherche et le cheminement culturel qui n'ont construit aucune références techniques professionnelles à l'usage des éducateurs dans ce registre. Ces professionnels ne disposent pas de méthodologie ou de protocoles d'action validés qui constitueraient une forme de jurisprudence de l'agir faisant référence pour justifier une "conduite à tenir". Ainsi, dans ces situations de confrontation au sexe dénié ou faisant effraction sans organisation possible, situations pluriquotidiennes qui assaillent les éducateurs, l'éducateur est en situation qui a effet de "l'obliger" à résoudre une situation insoluble. Cette obligation s'impose dans l'urgence de la compression du temps de l'ici et maintenant, sans ne posséder aucun des instruments organisant des initiatives validées.

Confronté à cet insoluble situation, l'éducateur est au coeur d'un paradoxe finement analysé par M. Barillet-Lepley. Cette impasse confronte à l'effroi. COnfronté à la violence induite par cette situation paradoxale que nous analyserons, l'éducateur est en état de totale solitude. Il doit inventer et créer ses actes-réponses dans l'effroi de la pensée sidérée, de l'agir sans la culture éthique qui conforte les actes techniques validés.

La nature spécifique de cet effroi impose qu'une réflexion pluridisciplinaire des et dans les institutionssoit repensée. Cet effroi infiltre et sidère les mouvements institutionnels qui en sont dénaturés en accumulant les conflits et impasses pour absorber la violence latente de l'irrésolu.

Nous avancerons quelques repères et réflexions pour soutenir la capacité de penser et d'analyser cet effroi qui dénie aux personnes handicapées leur droit imprescriptible à leur sexualité comme pour tous les êtres humains. Nous évaluerons des effets négatifs de ces situations sur la dynamique institutionnelle.

Jean-Claude Chanseau 

vendredi, 21 novembre 2014 00:00

Conférence en vidéo: C.Rotureau

L’éducation à la Vie Affective, Amoureuse et Sexuelle chez les personnes ayant une déficience intellectuelle un outil de prévention aux agressions sexuelles et aux comportements sexuels inappropriés.

Conférence réalisée le 17/10/2014 à Tours

Enregistrement diffusé avec l'aimable autorisation de l'auteur, dont les propos constituent la propriété intellectuelle.

 

 

La sexualité, un besoin humain, un sujet parfois tabou, souvent délicat à traiter, et pourtant un droit fondamental.

L’éducation à la vie affective, amoureuse et sexuelle au delà de la connaissance de soi, des relations interpersonnelles, du respect de soi et des autres, etc… est également un moyen de prévention essentiel contre toutes formes d’agression sexuelle sur ou part les personnes présentant une déficience intellectuelle.

Au delà de la présentation touchant l’ensemble de ces aspects, sera présenté l’outil EVAAS québécois qui permet d’accompagner les personnes présentant une déficience intellectuelle modérée de 16 ans et plus dans tout ce cheminement.

 

Christian Rotureau est Directeur Général du CFQIPS : Comité Franco-Québécois pour l’Intégration et la Participation Sociale)

http://www.comite-franco-quebecois.fr 

 

 

mercredi, 24 septembre 2014 00:00

Conférence en vidéo: T.Goguel d'Allondans

Conférence proposée par Thierry Goguel d'Allondans le Vendredi 04 Juillet de 10h à 12h salle 121 aux Halles de Tours

Enregistrement diffusé avec l'aimable autorisation de l'auteur, dont les propos constituent la propriété intellectuelle.

La vie affective des adolescents en situation de handicap

S’il ne faut pas prendre le sujet pour son symptôme (la puberté n’est pas l’apanage des petits « normopathes »), la situation de handicap pénalise le processus de socialisation, le rapport à l’autre. À partir de quelques exemples, nous essayerons de cerner les évolutions sociétales et, partant, les enjeux des accompagnements socio-éducatifs et thérapeutiques. De 1799 (capture d’un « enfant sauvage » nommé Victor de l’Aveyron) à la Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 (pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées) : qu’est-ce qui a changé ?

Thierry Goguel d’Allondans est éducateur spécialisé et anthropologue. Il se partage entre la formation des travailleurs sociaux (Ifcaad-Schiltigheim), l’enseignement à l’Université de Strasbourg (Espe) et la recherche (Laboratoire « Dynamiques Européennes »-Umr 7367). Il mène parallèlement des missions ethnographiques (Congo Brazzaville, Mayotte…) et des recherches en socio-anthropologie de l’adolescence. Il est, par ailleurs, le rédacteur en chef de la revue trimestrielle Cultures & Sociétés. Sciences de l’Homme (Téraèdre). Parmi ses derniers ouvrages : Le travail social comme initiation. Anthropologies buissonnières (avec Jean-François Gomez, érès, 2011) ; Traditions orales du Congo-Brazzaville. L’usage de la parole chez les Kòongó (avec Valérie Béguet, Téraèdre, coll. « Les enfants écrivains de la brousse », 2012).


 

jeudi, 13 février 2014 15:54

Comment devient-on hétérosexuel ?

Thierry Goguel d'Allondans

éducateur spécialisé, anthropologue, maitre de conférences associé Université de Strasbourg

Le 22 Novembre 2013, Maison des Sports de Touraine (37)

Denis Vaginay

Docteur en psychologie clinique, travaille en institutions, en libéral et comme formateur.

 

Sexualité et handicap intellectuel, l’accès à la subjectivité

Conférence réalisée le 06/11/2014 à Tours

Enregistrement diffusé avec l'aimable autorisation de l'auteur, dont les propos constituent la propriété intellectuelle.

 

 

 

Les restrictions et les interdits systématiques opposés naguère aux personnes en situation de handicap dans le domaine de la sexualité perturbaient leur développement psychique. Une nouvelle commande sociale clarifiée les rend aujourd’hui illicites et permet à ces personnes d’accéder plus facilement à un statut de sujet structuré et de citoyen. Elle provoque aussi des réticences et des résistances. Entre respect du droit commun et besoin de protection se développent des attentes paradoxales qui compliquent la tâche des accompagnateurs et le parcours des personnes concernées.

 

 

 

mercredi, 12 février 2014 11:35

Conférence en vidéo: L.Nayak

Lucie NAYAK

Ssociologue, Université Paris Ouest (Laboratoire Sophiapol-Lasco) et Université de Genève

Conférence CRIAVS 04 Avril 2014, Salle 121 les Halles Tours

Enregistrement diffusé avec l'aimable autorisation de l'auteur, dont les propos constituent la propriété intellectuelle.

Evolution du traitement social de la sexualité des personnes désignées comme « handicapées mentales » à l’ère de la « santé sexuelle »

En 1983, Alain Giami et son équipe mettaient en évidence deux représentations de la sexualité des personnes désignées comme « handicapées mentales » chez les parents et les éducateurs, celle de l’« ange » asexué et celle de la « bête » à la sexualité irrépressible et dangereuse, relevant davantage de la nature que de la culture. En termes de pratiques, ces représentations débouchaient sur l’interdiction et la répression de la sexualité des personnes considérées comme « handicapées mentales » [Giami et al., 1983].

Si ce modèle est toujours observable 30 ans plus tard, l’enquête qualitative que j’ai récemment menée auprès d’éducateurs et de parents montre qu’il tend désormais à s’estomper au profit d’une autre représentation, celle de la « personne ». Celle-ci se donne notamment à voir dans les expressions « personnes handicapées mentales » et « personnes en situation de handicap mental », qui visent à distinguer la personne de son handicap, celui-ci n’étant plus envisagé comme une caractéristique de l’individu mais comme le résultat de la rencontre entre la « déficience » prêtée aux personnes ainsi désignées et les obstacles de l’environnement dans lequel elles évoluent. A l’ère de la « santé sexuelle » [OMS, 1975 puis 2002], alors que les personnes « valides » ou « handicapées » se voient moralement reconnaître un « droit » à la sexualité, la représentation de la « personne » entraîne l’encouragement progressif de la sexualité des personnes désignées comme « handicapées mentales » dans une perspective de santé.

Mais parallèlement à ces pratiques de normalisation subsistent des pratiques d’a-normalisation, car si elles sont désormais reconnues en tant que personnes, les personnes « handicapées mentales » restent toujours marquées par la « différence » qui leur est prêtée, une différence à laquelle les dits « valides » refusent de s’identifier et qui les conduit à les maintenir aujourd’hui encore dans une « altérité fondamentale » [Giami et al., 1983]. Ainsi, parents et éducateurs se retrouvent pris dans une situation angoissante de paradoxe [Barillet-Lepley, 2001] entre la « personne » son « handicap », entre « normalité » et « anormalité ». Paradoxe qu’ils tentent de résoudre pour maintenir la possibilité d’une collaboration dans l’accompagnement de la sexualité des personnes considérées comme « handicapées mentales ».

Cette conférence se propose de présenter une typologie des positionnements institutionnels et parentaux vis-à-vis de la sexualité des personnes désignées comme « handicapées mentales », qui se dessine lorsque l’on croise l’axe des représentations (modèle de l’ange et de la bête / modèle de la personne) et l’axe des pratiques éducatives (normalisation / a-normalisation).

  

Bibliographie en PJ: Sélection indicative

BARILLET-LEPLEY, Maryline, 2001, Sexualité et handicap : le paradoxe des modèles. D’Alter à Alius, du statut d’adulte au statut d’handicapé, Paris, L’Harmattan

GIAMI, Alain, HUMBERT, Chantal, LAVAL, Dominique, 1983, L’Ange et la bête, représentations de la sexualité des handicapés mentaux par les parents et les éducateurs, Paris, Les publications du CTNERHI

WORLD HEALTH ORGANIZATION, Defining Sexual Health. Report of a Technical Consultation on Sexual Health 28-31 January 2002, Geneva, 2006

Au sommaire de notre sélection ce mois-ci

Vous trouverez des résumés en PJ

 

ADDICTION SEXUELLE

L’addiction sexuelle comme diagnostic de santé mentale : une association possible ? – J. R. Guiglian

ALLIANCE THERAPEUTIQUE

L’alliance thérapeutique en question (dossier)

 

 

SEXUALITE

Les relations sexuelles consenties entre mineurs : libre sexualité, questionnements, interdictions. - J. Delga (avocat)

 

VIOLENCES SEXUELLES

 

Violences sexuelles des mineurs en France : comment les médecins peuvent devenir des interlocuteurs privilégiés des victimes ? M. L. Gamet

 

DROIT/JUSTICE

Projet de loi relatif à la prévention de la récidive et à l’individualisation des peines : la commission des lois débute le mardi 10 décembre 2013 ses auditions dont le rapporteur sera, au Sénat, M. Jean-Pierre Michel.

 http://www.senat.fr/presse/cp20131203.html

Prévention de la récidive : Installation du comité de pilotage des groupes de travail sur les métiers des SPIP

Dans le cadre de la réforme pénale, Christiane Taubira, Garde des sceaux, ministre de la Justice a installé, le 18 octobre 2013, le comité de pilotage des groupes de travail sur les métiers des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP).

 http://www.justice.gouv.fr/la-garde-des-sceaux-10016/prevention-de-la-recidive-26142.html

Le projet de loi sur la prévention de la récidive et l’individualisation des peines

F. Tamerlo

Actualités sociales hebdomadaires – 6 décembre 2013 – n° 2836 – pp. 51-58

Création de la contrainte pénale, possibilité d’ajourner le prononcé de la peine pour mieux l’adapter à la personnalité du condamné, suppression des peines planchers… Le texte présenté début octobre en conseil des ministres par Christiane Taubira cherche à mieux individualiser les peines lors de leur prononcé et à prévenir les risques de récidive. (résumé d’auteur)