CRIAVS-CENTRE
Centre Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles

Le Centre de Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles (CRIAVS Centre-Val de Loire), les services de Psychiatrie Universitaire, de Médecine légale du CHRU de Tours et l’Université de Tours (Psychologie) sont heureux de vous faire part de la mise en place pour la rentrée 2016-2017 d'un diplôme universitaire (DU) concernant la clinique des violences sexuelles, construit avec l'appui de deux universités étrangères (Belgique et Canada).

Il aura pour objectif d’apporter une formation clinique aux professionnels qui œuvrent dans les champs croisés de la sexualité, de la violence et de la justice, mais aussi d’ouvrir à des fins de prévention, d’accompagnement et de recherche.

Il permettra également aux médecins qui le souhaitent d’assurer la formation nécessaire de médecin-coordonnateur.

Publié dans Formations initiales

 Janvier – Février – Mars 2015

AU CENTRE DE DOCUMENTATION

 

AUTEURS DE VIOLENCES SEXUELLES

 

HAJBI Mathieu, ROBIN Nadège. Approche psychothérapeutique groupale des majeurs déficients mentaux auteurs de violences sexuelles.

Annales médio-psychologiques. Vol. 173, n° 2, mars 2015, pp. 46-53

 

Les patients déficients mentaux légers, à l’instar des auteurs de violences sexuelles dits valides, sont accessibles aux changements sous réserve d’adaptation de nos outils thérapeutiques et communicationnels envers eux. Une double approche psychothérapeutique, psychodynamique et psychoéducative serait un atout majeur dans l’accompagnement de ces sujets pour réduire leur potentiel transgressif, en général, et en matière de passage à l’acte sexuel. Au-delà des représentations psychiques réduisant la sexualité de ces sujets aux seules démarches de contraception ou de prévention sanitaire, la question posée est essentiellement celle de l’expression de leur sexualité, de sa tolérance, de son ouverture vers l’autre et de la subjectivation du processus sexuel. (résumé d’auteur)

 

HUON Philippe, REBOURG-ROESLER Marie-Christine, LIGHEZZOLO-ALNOT Joëlle, TICHEY (de) Claude. La reconnaissance des émotions chez les auteurs de violence sexuelle : approche différentielle et mise en rapport avec le niveau de conscience de l’acte.

Annales médio-psychologiques. Vol. 173, n° 2, mars 2015, pp. 153-159

À travers une approche croisant les champs de la linguistique et de la psychologie clinique, cette étude vise à montrer le degré d’identification émotionnelle à autrui chez les auteurs de violence sexuelle. Nous faisons l’hypothèse d’un traitement différentiel du registre de l’émotion au sein de cette population. Secondairement, nous posons qu’il y a une correspondance entre le niveau d’identification à autrui et la qualité de l’appropriation subjective du passage à l’acte. Nous avions parlé de trois formes d’appropriation subjective : le geste immotivé, la manœuvre frauduleuse destinée à enclencher une illusion chez soi et chez autrui et la conduite intentionnelle finalisée.

Méthode - Une situation d’énonciation obtenue, dans une situation d’expertise psychologique, par un remaniement de la consigne du subtest Arrangement d’Images de la WAIS-R a été proposée : « raconter une histoire ». Cette procédure est appliquée à 40 sujets masculins, auteurs d’infraction sexuelle mis en examen pour passage à l’acte délictueux. La participation émotionnelle du personnage de l’histoire dans l’action des personnages a été appréhendée par la notion de « schème d’état émotionnel » avec sa traduction perceptivo-motrice en termes de mimique et de posture.

Résultats - Trois groupes de sujets ont été identifiés : absence de participation émotionnelle ou émotions inadéquates produisant des actions immotivées ; émotion orientée à des fins manipulatoires couplée à un comportement de leurre et de tricherie et enfin décodage émotionnel adéquat au service d’une conduite pleinement assumée. Le niveau de conscience émotionnelle de soi et la faculté d’empathie sont des qualités déterminantes dans la conscience qu’un sujet a de son acte délictuel : partielle, totale ou absente.(résumé d’auteur)

 

SMANIOTTO B., REVEILLAUD M., FELICIER M.. Parcours thérapeutique d’un adolescent auteur de violences sexuelles pris en charge dans un dispositif de soins spécifiques.

Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence. Vol. 62, 6, octobre 2014, pp. 379-385

Cette contribution s’inscrit dans nos réflexions autour de la prise en charge des adolescents auteurs de violences sexuelles. En effet, qu’il s’agisse d’un comportement exploratoire de la sexualité ou de la manifestation d’une déviance déjà structurée, une réponse thérapeutique adaptée à ces actes apparaît indispensable. Le dispositif « Conduite Accompagnée » que nous avons élaboré est une psychothérapie de groupe destiné à des adolescents pubères et mineurs ayant commis des violences sexuelles. Chacune des 12 séances d’1 h 30 comporte deux phases : un temps d’échanges libres autour d’un thème ; un temps où la parole est médiatisée par un jeu spécifiquement conçu à cet effet. Les objectifs sont de prévenir la répétition des actes et d’inviter l’adolescent à un travail sur lui-même, sa sexualité, sa relation aux autres afin de contribuer à un mieux-être global. Nous suivrons le parcours de Mohamed, 15 ans, les circonstances de ses passages à l’acte, son placement judiciaire et son cheminement dans une session thérapeutique. Nous repérerons les fragilités liées à son histoire : absence du père, migration, traumatismes culturels dont une confrontation précoce à la pornographie. Nous montrerons comment ses ressources ont été mobilisées, d’une part, par son implication dans le groupe où il a pu faire l’expérience du lien à l’autre dans un cadre sécurisant et découvrir ses capacités d’empathie ; d’autre part, grâce au maillage, à l’intrication de différents niveaux d’enveloppes (« enveloppe partenariale » ; « enveloppe thérapique » ; « enveloppe groupale ») favorisant les possibilités de changement de ces adolescents.(résumé d’auteur)

 

 

EXPERTISE PSYCHIATRIQUE

 

PRAT Sébastien, JONAS Carol. Analyse qualitative de rapports, d’expertise psychiatrique concernant des faits de pornographie infantile.

Annales Médico-psychologiques. Vol. 173, n° 2, mars 2015, pp. 148-152

 

La pornographie infantile fait partie des infractions à caractère sexuel pour lesquelles le magistrat demande une expertise psychiatrique. Dans la littérature scientifique, il est mis en évidence différents profils psychopathologiques. L’expertise psychiatrique doit tenir compte de ces profils. Nous avons choisi d’étudier l’aspect qualitatif des rapports d’expertises sur le sujet. Nous proposons une grille de lecture permettant de guider l’analyse des sujets mis en examen pour la détention, la diffusion et/ou la production de matériel pornographique infantile, au vu des données recueillies dans la littérature scientifique. (résumé d’auteur)

 

PRISON

 

 AJP12.2014

CHOLET, Didier. Les nouvelles prisons : quel bilan ?

 

AJ Pénal (Actualité juridique pénal). N° 12, décembre 2014, pp. 567-569

 

  Un plan de constuction de 13 200 places de prison a été décidé en 2002 qui conduira à la construction de 33 nouveaux établissements pénitentiaires. Les premières prisons issues de ce plan sont entrées en fonction en 2007. Un bilan peut désormais être dressé. Il est plutôt mitigé. Ces nouvelles prisons sont-elles adaptées aux fonctions de la peine fixées par le législateur ?

 

 

Santeact430

Prison : quelle place pour la promotion de la santé ? (dossier)

 

 

La santé en action. N° 430, décembre 2014

 

 

 

 

Le dossier central de ce numéro dresse l’état des lieux de la santé en prison, décrypte les méthodes d’intervention des professionnels, en particulier pour la prise en charge et la prévention. Surtout, il s’attache à analyser comment concrètement les personnels et les établissements développent des actions de promotion de la santé pour les détenus. Une vingtaine d’experts font le point sur l’état des connaissances et des pratiques.

Introduction
Khadoudja Chemlal

La santé en milieu carcéral :
état des lieux en France et à l’étranger

Élodie Godin-Blandeau, Charlotte Verdot, Aude-Emmanuelle Develay

La prévention dans la prise en charge
sanitaire des personnes détenues

Benoît Vallet

Prison et éducation à la santé
Jean-Marie Delarue

Éléments de vie quotidienne en détention
Khadoudja Chemlal

La santé en milieu carcéral :
point de vue de l’administration pénitentiaire

Isabelle Gorce

Regard d’ethnologue sur la santé des détenus
Pierre-Jacques Dusseau

Santé et prison : paroles de l’intérieur
Pierre-Jacques Dusseau

« Nous privilégions une approche individuelle, basée sur la confiance »
Entretien avec François Cordonnier et Emmanuelle Laplanche

« La nurserie en milieu pénitentiaire contribue
à un meilleur accompagnement des mères et des enfants
»
Entretien avec Françoise Guinot

« L’activité physique, un levier pour l’estime de soi des mineurs détenus »
Entretien avec Bruno Benoist

« Le yoga peut être un outil d’éducation à la santé en prison »
Entretien avec André Weill

De la femme emprisonnée et son rapport au corps
Catherine Mercier

Formation et accompagnement :
des leviers pour la promotion de la santé en prison

Valérie Lemonnier, Christine Ferron

Pour en savoir plus
Laetitia Harountunian

 

SOINS PENALEMENT ORDONNES

BODIC (Le) Cédric, MICHELOT Mannaïg, ROBIN Didier. Les soins pénalement ordonnés. Cadre légal et revue de la littérature.

Annales Médico-psychologiques. Vol. 173. n° 2, mars 2015, pp. 197-202

 

L’objectif de l’article est de comprendre les enjeux liés à l’articulation entre la justice pénale et la psychiatrie. Plus précisément, il s’agit d’interroger les implications relatives aux soins pénalement ordonnés. Pour ce faire, l’article propose dans un premier temps une présentation des trois cadres légaux constituant l’ossature des soins pénalement ordonnés. Dans un deuxième temps, il revient sur les débats, tant des professionnels du droit que des professionnels du soin, faisant suite à la mise en place de ces dispositifs. En particulier celui né avec la loi du 17 juin 1998. Ces réactions portent aussi bien sur le dispositif lui-même que sur ses implications sur les acteurs concernés. Ainsi nous verrons que plusieurs points problématiques émergent de la loi, tels que le secret médical, le consentement du patient, l’absence d’une demande authentique, et enfin la transformation du crime en maladie. (résumé d’auteur)

BODIC (Le) Cédric, MICHELOT Mannaïg, ROBIN Didier. Les soins pénalement ordonnés. Mise en place. Mise en place d’un dispositif d’accueil de patients sous main de justice au sein d’un service de psychiatrie de secteur.

Annales Médico-psychologiques. Vol. 173. N° 2. Mars 2015, pp. 203-210

L’article traite des soins pénalement ordonnés et des difficultés qui leur sont liées du point de vue des soignants. Il débute par une présentation du dispositif d’accueil des patients sous main de justice mis en place au sein d’un service de psychiatrie de secteur. Puis il se poursuit par un état des lieux des situations reçues au sein du service, en ambulatoire et plus rarement en hospitalisation. Il aborde ensuite, à partir de ces mêmes situations, les difficultés concrètes de l’articulation entre santé et justice lors de la mise en place de la prise en charge. Celles-ci tiennent notamment à des problèmes de compréhension des attentes du juge par les soignants. Enfin, deux situations cliniques viennent illustrer, pour l’une la manière dont le dispositif a permis d’engager un suivi, pour l’autre la manière dont, malgré le dispositif, un certain nombre de difficultés ont mis le soin en péril. (résumé d’article)

 

 

VICTIMES D’AGRESSIONS SEXUELLES

 

VASSEUR Patricia. Annales médico Traumatisme psychique des victimes d’agressions sexuelles avec possible soumission chimique. Prise en charge aux UMJ

Annales médico-psychologiques. Vol. 173, n° 2. Mars 2015, pp. 168-173

Chaque année, de nombreuses personnes portent plainte pour agression sexuelle avec suspicion de soumission chimique. Les circonstances sont souvent les mêmes : un contexte festif avec une forte alcoolisation, puis une amnésie avec un réveil difficile et les stigmates d’une activité sexuelle. Les victimes attendent que l’examen effectué aux UMJ apporte la preuve de l’agression et de l’administration de produits à leur insu. Selon une étude menée aux UMJ de l’Hôtel-Dieu, dans la majorité des cas, seule l’alcoolisation massive est responsable des symptômes, ce qui entraîne un grand sentiment de culpabilité chez les plaignants. La plupart d’entre eux présentent une forte anxiété et des symptômes de psycho-traumatisme. La prise de conscience d’une certaine forme de responsabilité dans le déroulement des faits accroît leur désarroi. Chez les personnes rendues vulnérables par des antécédents traumatiques, le risque de passage à l’acte suicidaire peut être accru. Une prise en charge empathique et chaleureuse des soignants des UMJ, ainsi qu’une plus juste répartition des responsabilités peuvent aider à la reconstruction des personnes qui seront alors orientées vers les professionnels du réseau pour une prise en charge globale médico-psycho-sociale.(résumé d’auteur)