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Handicap mental vers une "multiplication" des lieux de répit pour les familles ?

 

Handicap mental: l'Acédémie de médecine réclame une "multiplication" des lieux de répit pour les familles.

PARIS, 12 février 2014 (APM)

L'Académie nationale de médecine "demande en urgence", dans un communiqué mercredi, "une multiplication des 'haltes temporaires'" permettant aux familles de personnes handicapées mentales de "disposer de moments de repos".

L'instance rappelle que, le 19 janvier, un documentaire sur la maltraitance en établissements pour enfants handicapés mentaux a été diffusé sur M6. Il avait suscité des réactions des pouvoirs publics et d'acteurs du secteur du handicap, relançant le débat sur la maltraitance et le manque de places (cf APM NCRAH003).

"Au-delà du choc qu'elle a ressenti alors comme tous les téléspectateurs, le professeur Marie-Odile Réthoré, généticienne, qui a consacré sa vie aux enfants trisomiques et à leurs parents, a convaincu l'académie de soulever la question de plus en plus d'actualité mais encore trop méconnue du vieillissement des enfants handicapés et de la détresse de leurs parents devant l'éventualité de devoir les abandonner après leur mort", explique l'institution dans un message accompagnant le communiqué.

Celui-ci, signé par le Pr Réthoré et adopté à l'unanimité de l'académie, s'intitule "Handicap et violence, il faut briser la loi du silence".

L'instance note qu'"en France, près de 700.000 personnes sont porteuses d'un handicap mental" et que "la plupart survivront à leurs parents". Elle constate que les familles doivent mener "un parcours épuisant", en raison notamment de démarches administratives complexes.

Les académiciens pointent "la grande pénurie de structures adaptées" qui "oblige la plupart des parents à placer leurs enfants dans des institutions très éloignées du domicile familial et, donc, de leur vigilance". "Dans ces centres spécialisés, le personnel manque cruellement de formation et, surtout, rien n'a été préparé la plupart du temps avant l'entrée dans l'établissement", déplorent-ils.

L'académie demande "une multiplication des 'haltes temporaires' afin de permettre aux familles de disposer de moments de repos, et ce non seulement en cas de maladie de l'un des parents, mais aussi sans qu'il soit nécessaire d'engager de nouvelles démarches administratives".

Elle plaide pour "la promotion du diplôme interuniversitaire [DIU] déjà existant pour former les médecins à des consultations spécialisées dans l'accompagnement des parents et des personnes déficientes mentales tout au long de leur vie".

L'instance prône une "formation adaptée et conçue dans une perspective pluridisciplinaire de tout le personnel travaillant dans les centres spécialisés".

Elle réclame enfin "une application plus stricte de la loi par les établissements, qu'ils soient publics ou privés".

nc/eh/APM polsan
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NCRBC005 12/02/2014 16:28 ACTU

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Dernière modification le mardi, 25 mars 2014 09:11