CRIAVS-CENTRE - Vers un délai maximal pour les premières consultaitons en CMP? Dépêche APM

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Vers un délai maximal pour les premières consultaitons en CMP? Dépêche APM

Psychiatrie: la mission Robiliard propose de fixer un délai maximal pour un premier rendez-vous en CMP
 
PARIS, 18 décembre 2013 (APM)
  
Le rapport final de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la santé mentale et l'avenir de la psychiatrie, rédigé par le député PS Denys Robiliard (Loir-et-Cher), formule plusieurs propositions pour améliorer l'accès aux soins psychiatriques et préconise notamment de fixer un délai maximal pour obtenir un premier rendez-vous en centre médico-psychologique (CMP).
  
Créée par la commission des affaires sociales le 7 novembre 2012, cette mission d'information s'est d'abord consacrée aux soins sans consentement, ce qui a donné lieu à un rapport d'étape en mai (cf APM HMQET001 et APM HMQET002) et inspiré la loi réformant les soins sans consentement publiée fin septembre (cf APM VLQIU002).
  
La mission balaye dans ce rapport de 117 pages, examiné mercredi par la commission des affaires sociales, l'ensemble du champ de la psychiatrie et de la santé mentale et fait 30 propositions pour "une meilleure prise en charge", "un secteur rénové" (cf APM VLQLH003), "une inclusion sociale favorisée" (cf APM MHQLH003) et "des moyens adaptés" (cf VLQLH004).
  
Le député formule une série de recommandations pour améliorer la prise en charge, notamment diminuer le délai de diagnostic des maladies mentales et de premier accès aux soins.
  
Il propose de former les médecins généralistes afin qu'ils puissent détecter les troubles psychiatriques et orienter au mieux les patients. Il faudrait pour cela inclure un stage obligatoire en psychiatrie en secteur hospitalier et en ambulatoire dans la formation initiale et renforcer la formation continue dans ce domaine.
  
Il plaide pour développer la collaboration entre généralistes et psychiatres. Il suggère notamment d'encourager les consultations de psychiatres dans les maisons de santé.
  
Afin d'améliorer l'accessibilité des CMP, il préconise de fixer, dans les schémas régionaux d'organisation des soins (Sros) élaborés par les agences régionales de santé (ARS), un délai maximal pour obtenir un premier rendez-vous.
  
Il propose d'organiser un système de pré-entretien avec le concours d'infirmiers ou de psychologues afin de permettre une évaluation du patient et une orientation vers une prise en charge ultérieure et d'augmenter l'amplitude horaire et les jours d'ouverture.
  
Denys Robiliard recommande de développer les liens entre les secteurs et les professionnels de santé (protection maternelle et infantile -PMI-, médecine du travail, service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé...) afin de repérer les personnes paraissant présenter des troubles mentaux et, le cas échéant, coordonner les actions à leur bénéfice.
  
Il propose de prévoir une assistance téléphonique auprès d'un service psychiatrique à destination de ces professionnels.
  
AMELIORER LA PRISE EN CHARGE DES MALADIES SOMATIQUES
Afin d'améliorer la prise en charge des maladies somatiques, le député suggère d'inscrire cet objectif dans le cadre du contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens (CPOM) des établissements.
  
Il faudrait en outre prévoir, selon la taille de l'hôpital, un service, un poste ou des vacations de "somaticiens" dans les unités d'hospitalisation en psychiatrie et élaborer des conventions entre les hôpitaux psychiatriques et les hôpitaux généraux ou des maisons de santé.Denys Robiliard formule par ailleurs plusieurs propositions pour améliorer la prise en charge des troubles psychiatriques en milieu pénitentiaire.
  
Compte tenu du "nombre important de détenus atteints de maladie mentale grave", il propose d'évaluer l'application de l'article 122-1 du code pénal (qui définit l'irresponsabilité pénale ou l'atténuation de la responsabilité en cas d'abolition ou d'altération du discernement au moment des faits).
  
Il préconise de renforcer le temps d'intervention et le nombre de professionnels de santé mentale intervenant auprès des détenus, et de sensibiliser le personnel pénitentiaire aux pathologies psychiatriques dans le cadre de leur formation initiale et continue.
  
Il faudrait aussi assurer un meilleur suivi de la sortie des détenus présentant des troubles psychiatriques, en formalisant la coordination entre les services pénitentiaires d'insertion et de probation (Spip) et les psychiatres pour préparer leur sortie, par le biais de conventions entre les ministères de la santé et de la justice.
  
Rapport de la mission Robiliard
Dernière modification le mardi, 04 mars 2014 09:15