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Etude sur les jeunes des centres éducatifs fermés du Sud-Ouest

Pédopsychiatrie: le CH Esquirol ausculte les jeunes des centres éducatifs fermés du Sud-Ouest

LIMOGES, 5 novembre 2013 (APM) - Le centre hospitalier (CH) Esquirol de Limoges lance un programme d'évaluation psychologique de mineurs placés dans les centres éducatifs fermés (CEF) du Sud-Ouest, a expliqué mardi à l'APM le Dr Aurélien Varnoux, pédopsychiatre au CH Esquirol, en charge de cette étude.

Ce programme est en fait l'élargissement d'une étude réalisée dans les CEF de Moissannes (Vienne) et des Monédières (Corrèze) gérés par l'association limousine de sauvegarde de l'enfance à l'adulte (Alsea). Il s'agissait de comparer le fonctionnement et le comportement liés à l'anxiété, la gestion du stress, l'empathie de 17 mineurs en CET par rapport à 250 adolescents en milieu scolaire.

"Lors de cette première étape, nous avons obtenu deux résultats intéressants que nous souhaitons préciser et élargir. Par rapport à notre échelle d'évaluation de l'empathie, nous nous sommes rendus compte que les adolescents en CEF et ceux en milieu scolaire ne réagissaient pas de la même façon au moment d'un stress. Les premiers sont sidérés, englués, 'congelés' par l'émotion. Les seconds sont capables d'utiliser des méthodes de distraction, de recours social", a résumé le Dr Aurélien Varnoux. "Ces résultats peuvent donner des axes de travail intéressants aux CEF".

La deuxième phase de l'étude, qui a donné lieu à la signature d'une convention, le 24 octobre, entre le CH Esquirol, l'association Alsea et la direction Sud-Ouest de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), s'élargit, en plus des deux précédemment cités, à quatre autres CEF de la région (dans la Vienne, la Gironde, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques), et peut-être un cinquième en cours d'étude (Charente). "Nous espérons rencontrer au moins la moitié des jeunes de ces CEF sur les 18 mois de l'étude, soit 60 à 80", a estimé le Dr Aurélien Varnoux.

Il s'agit, pour cette deuxième phase, de préciser les éléments d'analyse de ces mineurs, toujours en matière d'anxiété, d'empathie et de gestion du stress. Il s'agit aussi toujours de comparer leur fonctionnement et leur comportement à des jeunes en scolarité ordinaire, mais également de comparer ces mineurs délinquants à eux-mêmes, le premier mois de leur placement et au bout de six mois.

"Nous souhaitons évaluer leur évolution, préciser leurs besoins sur le plan psychologique, mais pas évaluer le travail des CEF", prévient le Dr Aurélien Varnoux. "Pour cela, il faudrait employer une autre méthode".

"Concrètement, une psychologue recrutée par l'association Alsea grâce à une dotation de la PJJ doit rencontrer les jeunes des quatre nouveaux CEF; je continuerai à suivre ceux des CEF de Moissannes et des Monédières", a précisé le pédopsychiatre du CH Esquirol. L'équipe de la filière enseignement recherche du pôle de psychiatrie des enfants et des adolescents du centre hospitalier se chargera d'analyser les données recueillies. Un premier point est prévu à l'été 2014.

vl/ab/APM polsan
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VLQK5002 05/11/2013 13:48 ACTU
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Dernière modification le jeudi, 14 novembre 2013 13:07